L’ASEOR a souhaité réagir à l’article paru dans le magazine de la commune de décembre 2025 sur le centre-ville. Nous commenterons chaque affirmation. Il convient de rappeler que certaines questions avaient été adressées à la mairie dès novembre 2023. Hélas, celles-ci sont restées sans réponse, malgré plusieurs relances, tout comme l’ensemble de nos courriers, alors même que notre page Facebook est régulièrement consultée par des élus municipaux. Quelle « curieuse » manière de considérer une association orcéenne engagée depuis plus de 50 ans au service de la commune.
« Au cœur de notre ville »
Cette dénomination est critiquable. Au moment du lancement du projet de centre-ville, la réflexion sur le déménagement de l’hôpital était déjà engagée. Pourquoi ne pas avoir profité de cette opportunité pour recréer un véritable cœur de ville à son emplacement originel, sur le site de l’hôpital ? Ne dit-on pas que « l’église est au centre du village » ?
Quel est le déroulement du projet ?
L’établissement public foncier d’Île-de-France a acquis depuis une dizaine d’années les terrains concernés pour environ 6,5 M€. Les prix des acquisitions ont été fixés au regard du futur projet et donc au-dessus des prix de vente classiques, comme l’exige la législation et le juge des domaines. La société DReAM a ensuite racheté l’ensemble des propriétés pour mener l’opération. À noter : annuler le projet après l’acquisition des terrains aurait obligé la Ville à racheter ces terrains, avec des pénalités à verser à l’EPFIF, tout en s’exposant à devoir verser des indemnités au promoteur.
Pourquoi le terme « expropriation » n’apparaît-il pas ?
Pourtant, les faits correspondent bien à cette réalité. En image, voici ce que cela donne. 12 août 2025, à l’abri des regards des Orcéens lors des vacances estivales, expulsion du 28 rue de Paris :

Ce projet est-il toujours un projet d’intérêt général (PIG), au moment où l’hôpital d’Orsay a déménagé sur le plateau, laissant un complexe immobilier vacant ?
Pour rappel, voici les différents critères du PIG (source : Article L. 102-1 du code de l’urbanisme) :
« L’autorité administrative compétente de l’Etat peut qualifier de projet d’intérêt général tout projet d’ouvrage, de travaux ou de protection présentant un caractère d’utilité publique, et qui doit notamment être destiné à :
- La réalisation d’une opération d’aménagement ou d’équipement
- Le fonctionnement d’un service public
- L’accueil et le logement des personnes défavorisées ou de ressources modestes (seuil dépassé à Orsay)
- La protection du patrimoine naturel ou culturel
- La prévention des risques
- La mise en valeur des ressources naturelles
- L’aménagement agricole et rural
- La préservation ou la remise en bon état des continuités écologiques. »
Le projet de l’îlot de la poste est-il destiné à « la protection du patrimoine naturel ou culturel », « la prévention des risques » et « la mise en valeur des ressources naturelles » ? Peut-il être encore considéré comme un Projet d’Intérêt Général ?
Pourquoi le 32 rue de Paris a-t-il été acheté ?
Il s’agissait de la vente d’un propriétaire privé à un acheteur privé. Aucun rôle n’a été joué par la ville. Hors du périmètre du projet, le promoteur a acquis ce bâtiment mis en vente. Son état est très fortement dégradé (environ 500 000 € de rénovation prévue), et il sera préservé et réhabilité.

Ce bien immobilier ne fait pas partie de l’emprise du programme urbain tel que décrit dans la notice explicative déposée en préfecture. Cette maison, classée au patrimoine remarquable, a été vendue en mars 2023 pour un montant de 170 000 euros, pour une parcelle de 145 m² dont environ 100 m² habitables, alors que le prix moyen dans ce secteur avoisine les 4 000 euros par mètre carré.
Dès lors, sur quelles sources la mairie peut-elle s’appuyer pour avancer des estimations relatives au montant des travaux, dont le caractère potentiellement excessif semble invoqué pour clore tout débat, alors même qu’il s’agit d’une transaction privée ?
L’acquéreur étant la holding familiale du responsable de l’opération immobilière, l’ASEOR a saisi le procureur de la République, afin qu’il apprécie l’opportunité de diligenter une enquête.
Qu’apportera l’opération du cœur de ville aux Orcéens ?
Cette opération, conçue en concertation avec les habitants, vise à redynamiser le centre-ville en le rendant plus accueillant et animé. Une place publique arborée de 1 200 m² et une sente traversante végétalisée offriront de véritables espaces de vie, avec une programmation événementielle régulière (fête de la musique, braderie…). Trois nouveaux commerces, dont une brasserie, compléteront l’offre existante et renforceront l’animation du cœur de ville. Au final, les Orcéens profiteront d’un centre-ville embelli, intégré harmonieusement au paysage urbain, tout en évitant le développement de projets immobiliers privés isolés.
Concerter, selon le Larousse : « préparer une action en commun avec une ou plusieurs personnes ; combiner, arranger ».
Rappelons la genèse de ce projet. En 2019, quatre projets ont été présentés aux Orcéens, appelés à voter pour les départager. Il convient toutefois de noter que ce vote était ouvert aux non-Orcéens, qu’il ne permettait pas de voter contre un projet (absence de vote blanc ou nul) et qu’il n’a jamais fait l’objet d’une certification par constat d’huissier.
Environ 1 000 votes ont ainsi été comptabilisés, pour une population de près de 16 000 habitants. À l’issue de cette consultation, le scénario B, prévoyant 86 logements et constituant le projet le moins dense, avait été présenté comme retenu.
Or, dans le permis de construire initial, ce nombre a été porté à 95 logements. Puis, dans le permis de construire modificatif, il atteint désormais 98 logements, soit une augmentation de 14 % par rapport au scénario B plébiscité par les votants.
À titre de comparaison, ce serait comme si, lors des prochaines élections municipales, les électeurs étaient contraints de choisir exclusivement entre des candidats A, B ou C, sans possibilité de vote blanc ou nul, avec la participation de non-Orcéens pouvant, de surcroît, voter plusieurs fois, pour finalement élire un candidat n’habitant pas la commune.
Trouvez-vous cela normal ?
L’opération augmentera-t-elle le les risques d’inondation ?
NON. La gestion des eaux pluviales a été intégrée dès la conception. Les eaux seront infiltrées dans le sol grâce aux espaces verts et aux matériaux perméables. La future place publique sera aussi en léger devers, de manière à pouvoir stocker une lame d’eau en cas de forte pluie.

Dès le début des travaux, d’importants problèmes de remontées d’eau ont été constatés sur le chantier. L’abattage des arbres et le déracinement des souches ont contribué à aggraver cette situation. Le réseau hydrique souterrain du site est classé en risque important par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Par ailleurs, ce phénomène d’inondations n’est pas nouveau. Lors de travaux dans le centre-ville, quelles qu’en soient les époques, des mouvements d’eau ont été observés, liés aux eaux souterraines et aux argiles. De nombreux témoignages de commerçants comme d’habitants confirment encore aujourd’hui des inondations récurrentes de caves et de parkings… Enfin, il convient de rappeler qu’une procédure judiciaire est en cours concernant le phénomène de retrait-gonflement des argiles, directement lié à la présence d’eau.
L’offre de stationnement sera-t-elle suffisante ? OUI. Si 43 places ont été supprimées avec la fermeture du parking de La Poste, 138 seront créées en sous-sol pour 98 logements. La Ville avait déjà anticipé la création de 27 places supplémentaires : 17 rue du Lycée et 10 sur le parking Kempen. Le parking de la Futaie dispose désormais de places disponibles. Le déménagement de l’hôpital a libéré des places, désormais réservées aux résidents et aux commerces. Le parking de la mairie est désormais ouvert au public en dehors des horaires d’ouverture (20 places). La réforme du stationnement a renforcé les rotations des véhicules pour favoriser les actes d’achat. S’ajoutent les parkings du Marché et Dubreuil.
Les commerçants ont déjà fait état d’une baisse de fréquentation depuis la fermeture du parking de La Poste. Il convient de rappeler que l’affichette jaune appelant à « consommer local », visible sur certaines vitrines, est une initiative des commerçants eux-mêmes et non de la municipalité.
Il est annoncé la création de 138 places de stationnement. Toutefois, celles-ci ne seront opérationnelles qu’à l’issue des travaux et l’immense majorité sera réservée aux nouveaux habitants du programme. Or, 138 places semi-privées ne sauraient être assimilées à 43 places publiques.
À notre connaissance, aucune étude globale sur le stationnement à Orsay n’a jamais été menée, alors qu’elle aurait dû constituer un préalable indispensable à tout démarrage des travaux. L’ASEOR en avait d’ailleurs fait la suggestion lors de la première présentation publique du projet de centre-ville aux Orcéens.
Enfin, nous nous étonnons de certaines affirmations, au regard de la place prépondérante désormais accordée à la circulation des vélos (rue de Lattre de Tassigny, rue du Mail, boulevard Dubreuil). Loin de vouloir opposer les modes de déplacement entre eux, force est de constater que la circulation en ville est devenue difficile et que les commerçants en sont les premières victimes.
Le patrimoine historique a-t-il été conservé ?
OUI. Plusieurs bâtiments que la Ville a classés comme patrimoine remarquable seront conservés et réhabilités (28, 36 bis et 38 rue de Paris). Le 32 rue de Paris sera également restauré.
Pourquoi évoquer le 32 rue de Paris, qui ne fait pas partie du périmètre du projet, alors que le propriétaire est la holding familiale du promoteur en charge de l’opération ?
En revanche, le bâtiment de La Poste sera démoli pour créer une place publique. Une belle place de village le remplacera. Les nouvelles constructions s’intégreront harmonieusement dans le paysage, conformément au projet choisi majoritairement par les Orcéens en 2019. La hauteur des bâtiments n’excédera pas 15 mètres.
Selon le Larousse, un village est un « groupement d’habitations permanentes, dont la majeure partie de la population est engagée dans le secteur agricole ».
Comment 98 logements, dont la hauteur n’excédera pas 15 mètres, pourraient-ils s’intégrer harmonieusement au milieu de maisons de ville existantes ?
Quant au « projet choisi majoritairement par les Orcéens en 2019 », nous avons déjà abordé ce point à la question « Qu’apportera l’opération du cœur de ville aux Orcéens ? » : choisir sans possibilité de voter contre n’est pas véritablement choisir, d’autant plus lorsque le vote est ouvert aux non-Orcéens, que des votes multiples sont possibles et qu’aucun constat d’huissier n’a été réalisé.
Pourquoi certains arbres ont été coupés ?
Il n’était ni matériellement ni financièrement possible de les conserver. Parmi les arbres déjà présents, trois arbres seront préservés à la demande de la Ville. Le projet, ainsi que la création d’une place publique et d’une sente traversante, le nécessitaient. La Ville a demandé à renforcer la végétalisation et prévoit un programme complet de plantations qui sera soumis à une nouvelle concertation publique à la mi-2026. Le projet comptera plus de 21,5 % d’espaces de pleine terre et 20 à 30 arbres plantés, contre une quinzaine auparavant. Il y aura plus d’arbres après qu’avant. Les nouvelles essences, choisies avec les Orcéens, seront adaptées au réchauffement climatique et recréeront un îlot de fraîcheur. Contrairement à l’ancien jardin privé, les futurs espaces arborés seront ouverts à tous.
Trente arbres ont été abattus et seront remplacés… par des poireaux. La communication estivale de la mairie, visant à rassurer la population en évoquant une transplantation, n’a jamais été crédible.
L’îlot de la Poste comprenait 1 800 m² de pleine terre sur une surface totale de 8 000 m², soit 22,5 %. Le projet du centre-ville réduira ce pourcentage à14,8 %. Comment une place publique de 1 200 m², arborée avec de petits arbres et disposant de peu de terre, pourrait-elle compenser 2 000 m² de pleine terre abritant des arbres centenaires et une biodiversité riche ? Aucune équivalence n’est possible.
Le propriétaire expulsé était pourtant favorable à l’ouverture de son jardin au public, démarche qu’il a concrétisée via des ateliers menés avec des associations locales. Pour rappel, cette parcelle hébergeait des animaux : lapins, abeilles, poules…

Il est également curieux de constater que la communication visuelle du promoteur ne reflète pas la réalité. Ces photomontages, annexés au permis de construire et diffusés au grand public, représentent des arbres inexistants à ce jour sur la parcelle, qui n’a même pas été acquise par le promoteur (3e illustration). De surcroît, ces arbres sont très hauts, laissant supposer une vision à… 30 ans.



Les travaux présentent-ils des risques pour la santé ou pour l’environnement ?
NON. Le désamiantage réalisé en novembre a été parfaitement maîtrisé, sans incidence pour les riverains. Il est désormais achevé. Le chantier respecte une charte à faibles nuisances (NF Habitat HQE) : horaires encadrés, engins nettoyés, tri sélectif et valorisation de 70 % des déchets. Aucun rejet dans le sol, l’air ou l’eau n’est toléré.
Le sol de cette partie d’Orsay est constitué d’argiles rétractables gorgées d’eau, ce qui implique que les travaux pourraient modifier la nappe phréatique, entraînant des risques de tassements, d’infiltrations et de fissures dans les constructions voisines. Ce point a d’ailleurs été souligné lors de la dernière révision du PLU.
Cette zone est classée par le BRGM comme présentant un « risque existant et important » lié au retrait et gonflement des argiles. À titre d’exemple, le deuxième sous-sol de l’îlot des Cours, situé également dans le centre-ville, est fréquemment inondé. Plusieurs commerçants et riverains nous ont signalé des remontées d’eau régulières dans leurs caves.
Un « référé préventif » a-t-il été lancé ?
OUI. La procédure du référé préventif a bien été lancée. Un référé préventif permet, dans ce type d’opération, de faire désigner un expert par un juge, qui aura pour mission de faire l’état des lieux initial des propriétés avoisinantes et de prévenir d’éventuels contentieux. À ce jour, l’expert a bien été désigné par le tribunal et a pris contact avec les propriétaires riverains, qu’il a d’ailleurs conviés à une réunion d’information le 24 novembre dernier.

Le référé préventif n’a pas été respecté : la démolition du mur du parking a débuté le 20 octobre, alors que le passage de l’expert eu lieu qu’à partir de la fin novembre. Plusieurs riverains ont signalé d’importantes vibrations dans leur habitation, ce qui est compréhensible compte tenu de l’épaisseur du mur. Le lancement d’une procédure de référé préventif ne garantit pas que sa réalisation soit immédiate.
